Vivre au dessus de ses émotions

Vivre au dessus de ses émotions

« Le héro véritable est celui qui vainc sa colère. Il vaut mieux être maître de soi que de prendre une ville. »

  Proverbes 16.32

Nous éprouvons sans cesse toutes sortes d’émotions parce que Dieu nous a créés ainsi. Il est normal d’éprouver de la colère lorsque quelqu’un nous trahit, d’être abattu lorsque l’on passe par une longue épreuve, d’être irrité lorsque l’on nous offense. Seulement, nous devons chercher à acquérir de la stabilité et ne pas laisser ces émotions nous contrôler.

L’un des domaines que le diable utilise pour saper notre foi est celui de nos émotions. Il sait que s’il peut nous amener à vivre en fonction de ce que nous ressentons, il pourra nous maintenir dans la défaite.

Bien des gens tombent dans ce piège et laissent leurs sentiments les diriger. Ils ne vivent pas en conquérants mais se laissent porter par leurs émotions, tel un bateau ivre voguant médiocrement ici et là au gré des circonstances, un jour en haut, l’autre en bas.

Certains croulent sous la culpabilité ou la condamnation, se laissent convaincre que tout le monde les rejette, sont incroyablement susceptibles. D’autres se laissent entraîner par des comportements compulsifs et dépensent l’argent qu’ils n’ont pas, engloutissent tout ce que leurs dix doigts peuvent saisir ou cèdent à leur nature colérique. Ils n’ont aucune maîtrise des appétits de leur chair. Ces personnes sont instables et inconsistantes.

Vivre ainsi nous retient de marcher dans la victoire et de laisser Dieu nous bénir. Pour quitter l’enfance spirituelle et devenir un adulte, nous devons apprendre à ne plus laisser nos émotions ou nos impulsions nous dominer. Paul dit :

« …ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu »

  Romains 8.8

Donner libre cours à nos émotions retient Dieu de nous bénir et de régner dans cette vie. Ce fut le cas de Ruben, le fis aîné de Jacob. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre le sein d’Abraham, Jacob bénit ses fils et prophétisa sur eux. A Ruben, il dit :

« Toi, Ruben, tu es mon fils aîné, le premier que j’ai engendré quand j’étais plein de force. Tu surpasses tes frères en dignité et en puissance. Tu es un torrent impétueux. Pourtant tu ne seras plus le premier… »

  Genèse 49.3-4

Jacob lui dit en substance « Tu es né pour être un leader dans la vie, pour marcher avec dignité, puissance et autorité, mais, parce que tu es instable, impétueux et infidèle dans tes relations, tu ne connaîtras jamais les droits et les privilèges du fils aîné. »

En ce temps, les fils aînés étaient privilégiés et jouissaient de droits particuliers, ce qui est une préfiguration prophétique de nos droits et privilèges en Christ. Mais à cause de son caractère impulsif et émotionnel, Dieu ne put remettre à Ruben son héritage et ses bénédictions.

La Bible dit que Christ est le premier fils d’une multitude de frères (Romains 8.29), c’est-à-dire nous, et si nous voulons hériter des droits et privilèges du fils aîné nous devrons, à l’inverse de Ruben, apprendre à ne plus marcher en fonction de nos sentiments et de nos émotions. On ne confiera jamais un règne à un enfant avant qu’il n’ait appris à se comporter comme un adulte, bien qu’il soit le fils du roi.

Pour devenir fort et stable en Christ, nous devons apprendre à marcher en fonction de ce que nous croyons et de ce que nous nous savons devoir faire.

Nos sentiments et nos émotions vont et viennent. Par exemple, vous éprouverez parfois des sentiments forts pour votre épouse mais certains jours de la routine. Vous pourrez néanmoins faire le bien que vous savez et la traiter avec un maximum de respect et d’honneur. L’amour n’est pas seulement un sentiment mais avant tout une attitude. La Bible dit « Aimez vos ennemis » et non « Si vous avez des sentiments, aimez-les. »

Le Seigneur permettra parfois que vous passiez par des périodes de stress intense et où rien n’ira dans votre sens. Vous serez alors tenté de vous apitoyer sur vous-même, de vous retourner contre Lui ou de faire du compromis. Mais si vous réagissez bien, alors Il vous en sortira et vous élèvera d’un cran.

« …votre foi, plus précieuse que l’or, est mise à l’épreuve afin de prouver sa valeur. »

  1 Pierre 1.7

Il est normal d’éprouver de la jalousie ou de la tristesse mais vous pouvez les empêcher de vous dominer. Le fait que vous soyez abattu devant les situations ne signifie pas que vous deviez céder à l’abattement. Si vous êtes de nature timide, réagissez et prenez le dessus. Ne soyez pas indéfiniment bouleversé si vous avez péché, demandez pardon à Dieu et reprenez votre route avec le sourire.

Crucifier sa chair est un processus et nécessite du temps mais, alors que vous vous fortifiez et prenez de la consistance, vous assisterez  à une manifestation plus grande de la gloire de Dieu dans votre vie.

  Olivier Moulin